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Tout a commencé dans
l'eau |
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Tout comme la vie est apparue dans l’eau,
les premières méthodes de bioindication
ont été conçues pour suivre la qualité
des écosystèmes aquatiques. Au 19e
siècle émerge un courant hygiéniste en
réaction à l’accroissement des villes et de
leurs déchets. Les effluents organiques
rejetés dans les cours d’eau sont visés
en priorité. |
En 1902, un premier indice de bioindication basé sur l’affinité ou
l’intolérance des êtres vivants vis-à-vis
de la pollution organique est conçu :
l’indice saprobie de Kolkwitz et Marson. Appliquée initialement aux protozoaires,
la méthode est élargie dans les années
60 aux diatomées, algues unicellulaires,
sensibles à divers types de pollution. C’est
au Cemagref, et plus particulièrement
à Michel Coste, que l’on doit l’indice
biologique diatomées (IBD) et l’indice de
polluosensibilité spécifique (IPS) mis au
point dans les années 80. Ces indices sont
avec l’IBGN les plus utilisés en France.
en
savoir +
Les diatomées, indicateurs de la
qualité de l'eau
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Des indices à
l'échelle des communautés |
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L’IBGN ou indice biologique global
normalisé s’applique aux invertébrés d’eau
douce. Il est issu des travaux menés sur
les indices biotiques en Grande-Bretagne
dans les années 60. Les travaux menés au
CTGREF (qui précédait le Cemagref) par
Verneaux et al. sont à l’origine de l’IBG,
puis de sa normalisation en 1982.
Cet indice s’appuie sur la réponse globale
des communautés à un ensemble de
pressions : pollution organique, altérations
morphologiques et hydrologiques, et
contamination toxique. Une note de 1 à
20 est attribuée en fonction de l’absence
de taxons indicateurs (principalement des larves d’insectes) et de la richesse
taxonomique globale.
Aujourd’hui, l’indice IBGN évolue grâce
aux travaux menés conjointement
par l’université de Metz et le centre
du Cemagref de Lyon. |
"Un nouveau
protocole d’échantillonnage a été conçu,
puis appliqué aux stations de référence
et de surveillance dans le cadre de la
mise en œuvre de la DCE", explique
Jean-Gabriel Wasson. "En retour, les
données recueillies vont nous permettre
de mettre au point d’ici 2009, un nouvel
indice invertébré intégrant à la fois des
informations sur la biodiversité et la
structure fonctionnelle".
en savoir
+
DCE : du diagnostic à la restauration
des milieux aquatiques
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Vers des indices
plus fonctionnels |
Les outils classiques de bioindication
utilisés dans les milieux terrestres
se réfèrent aussi à des assemblages
d’espèces en lien avec les paramètres du
milieu. C’est la base même des relevés
phytosociologiques utilisés depuis des
décennies, en botanique, et dans des
domaines de recherche plus appliqués
comme la sylviculture ou l’agriculture.
Depuis une dizaine d’années, les
techniques de bioindication intègrent de nouveaux concepts issus de l’écologie
fonctionnelle. À Grenoble, les
chercheurs s’intéressent aux processus
clés qui permettent aux populations et
aux communautés de se maintenir.
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"Nous
prenons en compte par exemple les
organismes de la faune du sol qui influent
sur la décomposition de la matière
organique, mais aussi sur la fabrication
du sol vivant (espèces ingénieurs)",
commente Jean-Jacques Brun. Une telle approche est indispensable
pour comprendre les effets globaux
du changement climatique ou pour
piloter les processus de restauration
écologique dans l’espace et le temps.
Dans les milieux aquatiques, les outils de bioindication connaissent une évolution
similaire comme en témoigne l’évolution
des indices poissons ou invertébrés dans
le cadre de l’application de la DCE.
en savoir
+ De nouvelles
avancées
en écologie
du sol |
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Une priorité, les contaminants
toxiques |
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La validité des indicateurs écologiques est
cependant limitée lorsqu’il s’agit d’évaluer
la toxicité des molécules chimiques
rejetées à de faibles concentrations dans
les milieux, comme les pesticides, les
médicaments, les détergents, les métaux
lourds, etc. Des milliers de molécules sont concernées.
Comme la plupart de ces substances
ont des effets qui ne seront détectables
à l’échelle des populations que sur le
long terme, en particulier aux faibles
concentrations d’exposition présentes
dans les milieux, une approche consiste
à développer des biomarqueurs, qui mesurent des impacts dans les cellules et les
tissus d’organismes "sentinelles" présents dans le milieu
contaminé. |
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Au Cemagref, les biomarqueurs sont
développés dans les écosystèmes
aquatiques. Des premières recherches
menées à Lyon sur les poissons, les
études s’étendent aujourd’hui aux
invertébrés et aux diatomées impliquant
des équipes d’Antony et de Bordeaux.
Outre leur sensibilité aux polluants, le
choix des espèces indicatrices répond
à différents critères dont leur présence
dans tous les types de milieux, leur abondance et leur position clé dans
l’écosystème. |
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Un débat qui implique l'homme |
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En parallèle à ces approches scientifiques,
une réflexion s’engage depuis quelques
années sur les attentes sociales vis-à-vis
de la qualité des écosystèmes qui remet
en débat la notion de bioindication.
À Montpellier, des sociologues
s’interrogent sur la perception de la
qualité des milieux des différents usagers
de l’eau, car ces derniers participent
aux côtés des scientifiques, au débat
de la qualité des milieux aquatiques en
France. Il en est de même des forêts
ou des prairies dont l’aménagement
doit concilier biodiversité et services
rendus, depuis la qualité des paysages
à la production de biomasse ou à la
régulation du cycle de l’eau. |