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Reproduction artificielle réussie
pour l’esturgeon européen
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L’espoir renaît pour l’esturgeon européen,
une espèce relique en Gironde qui jusqu’au
19e siècle peuplait la plupart des rivières d’Europe
de l’ouest. Les chercheurs du Cemagref
ont réussi la semaine dernière la première reproduction
artificielle de l’esturgeon européen Acipenser sturio à partir de spécimens élevés
en station. Sa réintroduction en milieu naturel
est un symbole fort pour la sauvegarde de la
biodiversité des rivières européennes. |
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29-6-07
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Photo Nathalie Verschraegen
Larves naissantes dans l'auge
d'alevinage
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Malgré son statut d’espèce protégée en France depuis
1982 et en Europe depuis 1998, la dernière population
d’esturgeon européen n’a cessé de décliner. Aujourd’hui, il ne reste que quelques
milliers d’individus, tous originaires de la Gironde. À Bordeaux, l’urgence pour les
chercheurs est de constituer des stocks de géniteurs et de mettre au point des méthodes
de reproduction artificielle en vue de produire des alevins. L’objectif a été
atteint le 25 juin 2007 à la station du Cemagref à St-Seurin-sur-l’Isle, en Gironde.
Naissance en image
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Publications sur
le programme
esturgeon
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Des
alevins sous haute surveillance
Les parents font partie du stock d’esturgeons constitué à partir de jeunes poissons né dans les années 1995 et conservé depuis en captivité. Après plus d’une dizaine d’années de soins et d’efforts quotidiens de l’équipe, une femelle (Francine née en 1994 et pesant 8,5 kg) et deux mâles (Justin né en 1984, 24 kg et Emile né en 1994, 17,6 kg) ont permis l’obtention d’un peu plus de 11 000 larves.
En fonction de la réussite de l’élevage de ces premiers stades, très fragiles jusqu’à leur prise d’alimentation, cette première reproduction, limitée par le poids et la jeunesse de leur mère, devrait permettre l’obtention de quelques milliers d’alevins.
Une partie de ces poissons devrait renforcer les deux stocks captifs à la base du programme de conservation et de restauration de cette espèce à l’échelle européenne, l’un en France (station du Cemagref à St-Seurin-sur-l’Isle), l’autre en Allemagne (Institut des eaux douces de Berlin). L’autre partie, selon réussite de l’élevage, devrait rejoindre le milieu naturel en Garonne et en Dordogne, sans doute au début du mois de septembre, pour soutenir la population sauvage dont les effectifs sont au plus bas.
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Contacts scientifiques
Paul Gonthier
Tel. +
33 (0) 5 57 89 08 07
paul.gonthier@cemagref.fr
Thierry Rouault
Tel. + 33 (0) 5 57 49 67 59
thierry.rouault@cemagref.fr
Patrick Williot
Tel. +
33 (0) 5 57 89 08 15
patrick.williot@cemagref.fr
Eric Rochard
Tel. +
33 (0) 5 57 89 08 13
eric.rochard@cemagref.fr
Pierre Elie
Tel. + 33 (0) 5 57 89 08 02
pierre.elie@cemagref.fr
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Vers d’autres reproductions artificielles
pour dynamiser la réimplantation de l’espèce
La précédente reproduction artificielle remonte à 1995, elle a permis de renforcer la population relictuelle dans le milieu naturel grâce au déversement en Garonne et en Dordogne de 9 000 larves et alevins. Le suivi de ces poissons relâchés, lors d’opération marquage ou de captures accidentelles, dans l’estuaire de la Gironde puis en mer, et enfin lors de leur retour dans les fleuves où quelques-uns ont été identifiés ces dernières années, témoigne de l’efficacité de la mesure.
Les esturgeons des stocks captifs, constitués progressivement depuis le milieu des années quatre-vingt dix, approchent maintenant de la maturité sexuelle. Cette première réussite d’une reproduction artificielle d’esturgeon européen, à partir de poissons élevés en captivité, démontre le bien fondé de cette solution. Elle vient suppléer l’absence de toute reproduction naturelle constatée depuis 1994, compte tenu de la rareté des retours de géniteurs. On peut donc raisonnablement espérer que les années à venir permettent de relâcher des effectifs suffisamment conséquents pour relancer la dynamique de cette dernière population mondiale de l’espèce.
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Des partenaires unis dans un seul but : restaurer l’espèce
et la protéger
Ce résultat encourageant résulte de plus de vingt ans de travaux de recherche menés par le Cemagref avec ses partenaires scientifiques (Université de Bordeaux I et Institut des eaux douces de Berlin) aussi bien en milieu naturel qu’en captivité. Ces travaux ont notamment été soutenus financièrement par l’Union européenne (Life Nature), le ministère chargé de l’environnement, les régions Aquitaine et Poitou-Charente, les départements de Charente-Maritime et de Gironde et l’Agence de l’eau Adour-Garonne.
Les efforts sont actuellement coordonnés par le WWF France au sein d’un consortium regroupant (outre les organismes scientifiques) les établissements publics de bassins EPIDOR (bassin de la Dordogne), SMEAG (bassin de la Garonne) et SMIDDEST (estuaire de la Gironde), le CNPMEM (Comité national des pêches maritimes et des élevages marins).
Niveau de protection maximal pour l’esturgeon européen
L’esturgeon européen Acipenser sturio est une espèce strictement protégée par plusieurs conventions internationales (CITES, convention de Berne) et directives européennes (habitat faune, flore, OSPAR). Un plan de conservation de l’espèce à l’échelle européenne est en cours de finalisation sous l’égide de la convention de Berne. Un plan national établi dans le cadre de la Stratégie nationale pour la Biodiversité organisera les actions à l’échelle nationale.
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