

Comment hiérarchiser les effets de l’homme sur la qualité des cours d’eau et des plans d’eau, alors même que ces derniers sont des milieux complexes, soumis à une forte variabilité hydrologique, aux multiples influences humaines et plus globalement au changement climatique ? Par des étapes de modélisation de sous-ensembles de l’écosystème, l’approche scientifique permet de développer notre capacité à prévoir l’effet d’une action de restauration ou, à l’opposé, à anticiper une menace sur la qualité écologique des masses d’eau.
La Directive Cadre européenne sur l’Eau (DCE) aborde la qualité des systèmes aquatiques dans une optique de développement durable. L’échéancier détaillé de cette directive fixe le rythme de production des outils que la recherche se doit d’élaborer et de transférer. Les enjeux financiers sont considérables. Il faut ainsi, par exemple, répondre à la stratégie nationale pour la biodiversité qui affirme la nécessité de stopper le déclin de toutes les formes de la biodiversité y compris dans les écosystèmes aquatiques fortement morcelés.
Nos travaux visent essentiellement à préparer la mise en oeuvre de la Directive Cadre sur l’Eau, tout en conservant un équilibre entre recherches propres, assemblage de connaissances et transfert aux acteurs de la société. Les recherches se consacrent à l’établissement de modèles liant pression et impact, à évaluer la variabilité interannuelle naturelle, à mettre au point des bioindicateurs et à identifier des indicateurs de l’état physique des milieux aquatiques. De nouveaux outils sont nécessaires pour hiérarchiser les facteurs de dégradation d’un milieu, en référence à des milieux écorégionalisés.
L’approche systémique est facilitée par une meilleure prise en compte du bassin versant, au-delà de la masse d’eau et de la végétation occupant les rives, mais également par l’intégration des connaissances sur les migrateurs amphihalins et les espèces de plans d’eau dans des démarches multi-espèce et de qualification des milieux (estuaires, plans d’eau...).
Les particularités géographiques nationales de notre pays, variété de géologie, de climat, d’occupation du territoire, en font un terrain particulièrement propice pour raisonner globalement des problèmes locaux. Le transfert en continu des résultats cognitifs sous forme d’outils pour aider à la décision et à l’action publique est une des caractéristiques des recherches dans ce domaine qui sont organisées en quatre thèmes de recherche dont les équipes se situent en région PACA, Île-de-France, Aquitaine et Rhône-Alpes. Deux thématiques bénéficient d’un investissement croissant : le développement d’outils et de modèles écotoxicologiques ainsi que la prise en compte du changement global (à commencer par les régimes thermiques) dans les recherches des diverses équipes..
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