N°79 - Mars 2007

Sciences en brèves
 
 
 Les bovins au secours des alpages

 

L’aménagement des stations de sports d’hiver génère un conflit d’utilisation des territoires de montagne avec les usagers du pastoralisme. Or, cette situation peut évoluer vers des projets de gestion coopératifs. En effet, une étude montre que le pâturage par les bovins est bénéfique à la restauration des sites dégradés lors de la construction des pistes de ski.

En montagne, de 15 à 50 % de la surface des pistes de ski sont remodelées pour modifier les dénivelés ou élargir un couloir. Il s’en suit un décapage des sols qui détruit la végétation. Or ces espaces dégradés occupent des surfaces pâturées conséquentes, près d’un tiers des alpages en Haute-Savoie par exemple. Des techniques d’ingénierie écologique ont été conçues au Cemagref pour réhabiliter les pistes de ski. Cependant, il faut une trentaine d’années après le semis pour retrouver une prairie comportant de 50 à 60 % des espèces présentes dans le milieu pâturé adjacent. Rudesse du climat, forte pente, érosion intense, déficit de la banque de graines en sont les principales causes.

Des études récentes menées à la Plagne en Savoie confirment le rôle positif du pâturage dans le processus de recolonisation. Les scientifiques ont montré que des « banques de graines » se constituent dans les micro dépressions créées par les empreintes des sabots des bovins. Une grande partie de ces graines est transportée par le pelage des animaux ou via les fèces. Par ailleurs, les effets du pâturage et du piétinement contribuent à la diversification spécifique et fonctionnelle des prairies en voie de restauration. Ainsi, après 5 ans, environ la moitié des espèces végétales en place sont liées aux milieux pâturés. Le potentiel fourrager est maximal sur les pistes restaurées depuis 4 à 8 ans.

Contrairement aux idées reçues, un pâturage extensif peut donc être envisagé dès les premières années après les opérations de la restauration… et même avant le semis.

   




J. Clément/Cemagref


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Alain Bédécarrats                         Tél. 04 76 76 27 57 Alain.Bedecarrats@cemagref.fr

 

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 Du nouveau dans la chaîne du froid

 

Aujourd’hui en France, 45 % des aliments que nous consommons sont conservés par le froid. Il est essentiel pour préserver la qualité des produits, et surtout pour ralentir la multiplication des microorganismes dangereux pour la santé. Des recherches sont menées au Cemagref pour suivre la conservation des produits alimentaires de l’usine à notre réfrigérateur.

Tout au long des maillons de la chaîne du froid, il est nécessaire de contrôler et de maintenir des températures entre 0°C et 4°C pour la plupart des produits alimentaires réfrigérés afin de conserver leur qualité nutritionnelle mais aussi pour éviter tout risque de contamination microbienne.

Dans ce contexte, Lun Li et Evelyne Derens ont développé un outil statistique permettant d’estimer l’évolution probable de la contamination des produits alimentaires entre leur fabrication et leur consommation. Cet outil utilise les bases de données de températures et de temps de séjour de chacune des étapes. Elles sont issues d’une étude réalisée en 2002-2003 par le Cemagref et l’ANIA. Les données étudiées concernent trois types de produits réfrigérés : les produits laitiers de type yaourts, les plats préparés, et les viandes préemballées. Les températures ont été enregistrées grâce à des capteurs couplés à une horloge insérée dans les aliments. L’outil développé permet d’estimer statistiquement les températures probables rencontrées dans les différents maillons d’une chaîne du froid. Grâce à des modèles de microbiologie prévisionnelle fournis par l’AFSSA, il permet également d’évaluer la charge en microorganismes conséquente.

Cet outil peut servir aux industriels pour le contrôle des chaînes logistiques, la prévision des risques de contamination des aliments et donc l’amélioration de la chaîne du froid. Le programme développé peut être élargi à d’autres types de produits et d’autres microorganismes .

Ce projet prometteur a obtenu le premier prix en décembre 2006 au colloque annuel de la société «Silliker», expert dans l’analyse et le conseil pour la sécurité et la qualité des produits agroalimentaires.

   

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Lun Li                                               Tél. 01 40 96 60 20 lun.li@cemagref.fr

Evelyne Derens                          Tél. 01 40 96 60 20  evelyne.derens@cemagref.fr

 

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