N°83 - Novembre 2007
 

Sciences en brèves
 
 
  Quelles perspectives pour le bois énergie en France ?


La biomasse forestière suscite un intérêt croissant pour de nouveaux usages énergétiques et industriels. Au Cemagref, spécialistes de sylviculture et économistes établissent l’inventaire de la biomasse forestière disponible en France.

La France est riche d’un patrimoine forestier estimé à plus de 15 millions d’hectares soit près de 2,3 milliards de m3 de bois. Pour une gestion durable des forêts, seule une partie des intérêts de ce capital est exploitée. Or aujourd’hui, sur une production nette annuelle estimée à environ 103 millions de m3, on ne récolte que 50 à 60 millions de m3. Dans un contexte d’épuisement des énergies fossiles, cette réserve de biomasse serait-elle une opportunité pour de nouveaux usages, notamment énergétiques ?

À la demande du ministère de l’Agriculture et de la Pêche, spécialistes de sylviculture et modélisateurs de la croissance végétale du Cemagref ont estimé, à partir des données de l’Inventaire Forestier National, les possibilités d’exploitations forestières supplémentaires de bois à usages énergétiques et industriels pour la période 2006-2016. Les économistes ont complété l’étude par une approche macroéconomique basée sur l’équilibre de l’offre et de la demande. Coopératives forestières, industriels du bois et gestionnaires de l’ONF ainsi que des services du ministère ont validé les scénarios d’exploitation dans un contexte régional.

Le décompte est complexe. En effet, de la «disponibilité théorique», on doit déduire la «disponibilité effective» et tenir compte des conditions d’accessibilité aux bois et du morcellement très important de la propriété forestière ; de plus, le comportement socioéconomique des 3 millions de propriétaires forestiers français est mal connu avec des motivations à gérer très diverses. Ainsi, sur les 12 à 20 millions de m3 par an de bois théoriquement disponibles, toutes choses égales par ailleurs en termes de desserte, de technologie et de comportement des propriétaires, il est probable que seulement 5 à 10 millions de m3 par an soient mobilisables dans les années à venir.

 

   



D.Gauthier

 

 


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 Quand les systèmes d’aide au guidage améliorent la sécurité…
 

Les recherches sur le guidage automatique d’engins agricoles ont permis le développement de nouveaux modèles de comportement des véhicules, capables d’appréhender des phénomènes aussi complexes que les glissements. Ces résultats s’appliquent aujourd’hui au domaine de la sécurité, rendant ainsi possible l’élaboration de nouveaux systèmes d’assistance au conducteur contre le renversement des machines.

Les agriculteurs ont aujourd’hui la possibilité de conduire leur tracteur… sans les mains. Grâce aux systèmes de guidage automatique, ils peuvent ainsi reporter leur attention sur d’autres tâches, telle que la surveillance du travail agronomique (épandage, semis...). Cependant, en terrain accidenté ou incertain, le relief, les glissements et les modifications de l’adhérence pneu/sol, altèrent la précision de ces dispositifs.

Pour pallier ce problème, les chercheurs du Cemagref à Clermont-Ferrand développent, en partenariat avec le LASMEA1 et au sein de la Fédération de Recherche TIMS2, de nouveaux algorithmes d’assistance intégrant ces nombreuses perturbations liées aux propriétés du sol. Ces algorithmes permettent d’évaluer en temps réel les conditions d’adhérence, afin de les intégrer dans le contrôle des organes de direction. Une grande précision est ainsi conservée, quelles que soient les conditions d’évolution sur le terrain.

Or, les bénéfices de ces avancées ne se limitent pas au contrôle de trajectoire. En effet, les conditions d’adhérence du sol sont également impliquées dans les risques de renversement des véhicules agricoles légers (micro-tracteurs, quads…), qu’il convient de prendre en compte lors de la conception de dispositifs de sécurité active. Des indicateurs de stabilité, capables d’anticiper en temps réel des situations à risques, sont ainsi testés actuellement sur ce type de véhicules. Ils permettront à moyen terme de réduire les risques d’accident liés à leur utilisation.

Le développement de ces algorithmes de contrôle intervient également dans le domaine de la localisation active, en vue d’améliorer la précision et la robustesse des systèmes GPS de navigation autonome.

   



R.Lenain

 


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