N°84- Février 2007
 

Sciences en brèves
 
 
  Écotoxicologie
Les gammares en état d’alerte...


Les marqueurs biologiques sont des outils d’alerte précoce de la contamination des milieux. À Lyon, les chercheurs les développent sur des espèces sentinelles. Les premières études menées sur les poissons, s’étendent aujourd’hui aux invertébrés d’eau douce…

Le gammare (Gammarus pulex) est un petit crustacé d’eau douce d’un grand intérêt tant du point de vue de sa biologie que de son écologie. Facile à identifier et manipuler, on le retrouve toute l’année, sur différents substrats où il se nourrit de débris végétaux et animaux. Il représente également un important réservoir alimentaire pour les poissons. Ces caractéristiques lui valent d’être un bon indicateur de la pollution des milieux aquatiques.

Dans le cadre de sa thèse, Benoît Xuereb développe, chez le gammare, des marqueurs en relation avec des grandes fonctions biologiques de l’organisme. Ces études visent à une détection précoce de contaminants parmi les plus problématiques d’un point de vue environnemental (biocides et perturbateurs endocriniens). Il s’agit aussi de prévenir d’éventuelles perturbations sur la dynamique des populations.

La mesure de l’activité de l’acétylcholinestérase est le biomarqueur de choix pour évaluer la neurotoxicité d’un milieu contaminé au niveau moléculaire. Une inhibition de son activité se traduit par une perturbation du comportement pouvant avoir des répercutions sur la survie et la reproduction des individus, et donc sur la dynamique des populations. D’autres marqueurs liés aux fonctions de reproduction sont mis au point au cours de cette étude.

L’étape suivante consistera à évaluer la pertinence de ces outils en milieu naturel. Des gammares de laboratoire seront prochainement transplantés dans des sites différemment contaminés : un bassin versant pollué au cadmium, ainsi qu’en amont et à l’aval de stations d’épuration.

Les publications des chercheurs  :
Benoît Xuereb  
Olivier Geffard

 

 

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B. Xuereb

 



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 Inondations
Un outil pour pérenniser les données sur les digues
 

Les données relatives à plus d’un septième du linéaire de digues françaises seront bientôt centralisées dans un outil informatique mis au point par le Cemagref, le SIRS Digues. C’est un point important pour la sécurité des ouvrages et pour la gestion du risque en cas de crues.

La France dispose de plus de 8000 km de digues, dont l’état est souvent mal connu. Or une digue mal conçue ou mal entretenue a plus de risque de rompre et de provoquer une crue accidentelle de gravité supérieure à la crue naturelle. C’est dans ce contexte que le Cemagref a conçu puis déployé un outil informatique capable de centraliser les données sur les ouvrages pour mieux les gérer.

En 1998, les spécialistes des ouvrages hydrauliques à Aix-en-Provence se sont associés aux concepteurs de systèmes d’information géographique à Montpellier. De cette collaboration est né le SIRS1 Digues. En 2001, deux syndicats gérant chacun de 200 à 300km de digues ont contribué au développement de l’outil : le SYMADREM en Camargue et l’AD-IDR en Isère.

Le SIRS Digues est opérationnel depuis 2004. Il permet de décrire la structure et la géométrie des ouvrages et leur environnement (réseaux de voiries, végétation). L’historique des digues, tel que les travaux d’entretien et de réhabilitation ou les relevés de crues, est également mémorisé.

Aujourd’hui, la DIREN Centre, gestionnaire de 600 km de digues domaniales sur les bords de la Loire, s’équipe. C’est une occasion pour les scientifiques d’améliorer l’outil en fonction des nouveaux besoins, comme l’interactivité de l’outil entre différents utilisateurs via l’internet ou la prise en compte de spécificités structurelles liées au rehaussement des ouvrages anciens.

À l’avenir, d’autres gestionnaires d’ouvrages pourraient s’équiper de cette nouvelle version du SIRS Digues en mutualisant par exemple les moyens humains et techniques à mettre en œuvre.

1 : Système d’Information à Référence Spatiale
Les publications des chercheurs  :
Rémy Tourment  
Isabelle Moins

 

   



P. Royet

 



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