Au sommaire :
•
Gestion de la rareté de l’eau : entre application négociée du décret « sécheresse » et émergence d’arrangements locaux
Rémi Barbier, Olivier Barreteau et Carole Breton
Sur la base d’une enquête nationale auprès des Missions interservices de l’eau (MISE) et de trois monographies départementales, cet article rend compte des acteurs impliqués et de la mise à l’épreuve des dispositifs mis en place dans le cadre du décret « sécheresse » lors des épisodes de crise récents (2003, 2005 et 2006). L’administration, derrière le préfet, joue un rôle central. La mise en œuvre de ces procédures de gestion des sécheresses pose des problèmes pratiques : découpage plus ou moins fin de chaque département en zones d’alerte, accès à l’information sur l’état de la ressource, définition des seuils permettant d’identifier le passage en crise. La gestion de la rareté de l’eau tient en une négociation de type « coopération conflictuelle », au cours de laquelle chaque usager cherche à faire prendre en compte ses objectifs particuliers tout en cherchant à leur donner une portée générale qui les légitime. Les élus, actuellement en retrait, pourraient prendre un rôle clé dans la résolution de la tension entre cette recherche de généricité, et une nécessaire adaptation aux contextes micro-locaux.
•
Méthodes et outils d’analyse spatiale des habitats des poissons en contexte fluvial anthropisé
Céline Le Pichon, Guillaume Gorges, Jacques Baudry, Hughes Boussard, François Goreaud, Thierry Faure et Philippe Boët
Pour qu’elles soient efficaces, les mesures de gestion et de restauration des habitats piscicoles devraient considérer la structure spatiale et la connectivité des habitats vitaux nécessaires au cycle de vie des espèces menacées, tout particulièrement dans les cours d’eau fortement aménagés. Or, peu de méthodes opérationnelles de quantification de la structure spatiale et de la connectivité de ces habitats sont disponibles pour établir un diagnostic préalable aux actions de restauration. L’approche décrite dans cet article repose sur le couplage des concepts et des outils de l’écologie des cours d’eau et de l’écologie du paysage. Elle propose un mode de représentation cartographique des habitats des poissons utilisant le système d'informations géographiques et des méthodes et outils logiciels pour en faire leur analyse spatiale qui sont adaptés aux particularités des milieux d’eau courante. Ces méthodes permettent, en particulier, de détecter l’effet des aménagements physiques et de la régulation des débits sur la structure spatiale des habitats vitaux des poissons. L’illustration porte sur le barbeau fluviatile (Barbus barbus), une espèce menacée des grands cours d’eau européens aménagés.
•
Les interventions humaines et leurs impacts hydromorphologiques sur les cours d’eau
Jean-René Malavoi et Philippe Adam
Plusieurs siècles d’interventions humaines directes et indirectes sur les cours d’eau ont conduit à une altération de leur état écologique, souvent intense, parfois irréversible. Dans cet article, les principales interventions humaines à l’origine de dysfonctionnements hydromorphologiques pouvant contribuer à ce médiocre état écologique sont décrites sous l’angle de leurs impacts physiques et biologiques sur les cours d’eau. Un second article traitera des concepts et des principes de restauration adaptés à ces dysfonctionnements.
•
La restauration hydromorphologique des cours d'eau :
concepts et principes de mise en œuvre
Malavoi, J.R. ; Adam, P.
Les progrès réalisés depuis 30 ans dans l’amélioration de la qualité physicochimique de l’eau des rivières ont contribué à une régénération sensible de leur état écologique. Toutefois, ces améliorations semblent avoir atteint aujourd’hui leur optimum et les solutions de restauration d’un état écologique encore parfois médiocre, passent par la résorption des dysfonctionnements hydromorphologiques qui subsistent. Cet article passe en revue les concepts qui sous-tendent la restauration hydromorphologique des cours d’eau et présente quelques principes de mise en œuvre.
•
Évaluation de solutions mises en place par les collectivités pour réduire les quantités de biodéchets dans les ordures ménagères résiduelles
Annie Resse
L’objectif de cet article est d’évaluer la pertinence des solutions mises en place par les collectivités afin de réduire les quantités d’ordures ménagères résiduelles (OMR) et plus particulièrement la fraction putrescible de ces déchets. Ces solutions sont la collecte de biodéchets, le compostage de proximité et le compostage individuel. La méthode d’évaluation repose sur la mesure de plusieurs indicateurs tels que les rendements de collecte, le taux de présentation des déchets à la collecte, la production par habitant, établis au cours de suivis de collecte et la nature des déchets par la caractérisation des gisements collectés (OMR et sélectifs) sur des secteurs pavillonnaires avant et après la mise en place du système choisi.
•
Le système relationnel d’audit de l’hydromorphologie des cours d’eau (SYRAH-CE) : un outil multi-échelles d’aide à la décision pour la gestion des cours d’eau
Chandesris, A. ; Malavoi, J.R. ; Souchon, Y. ; Wasson, J.G. ; Mengin, N.