
N°87-
Juillet 2007
Sciences en brèves...
Mieux gérer l'eau sur les golfs de Poitou-Charentes |
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En 2007, les golfs de la région Poitou-Charentes ont
fait l’objet d’une étude de diagnostic concernant leur
consommation d’eau. Le Cemagref s’est vu confié
l’analyse des pratiques d’irrigation et des équipements.
À la clé, des économies d’eau… mais aussi d’énergie
électrique.
Les mesures de restriction de l’usage de
l’eau adoptées en cas de sécheresse prolongée ne sont
pas compatibles avec le développement économique
régional. Les activités sportives, aussi, ne sont pas
épargnées. Ainsi en été 2005, une interdiction totale de
prélèvement d’eau a menacé l’existence des golfs dans
deux départements de Poitou-Charentes.
En mars 2006, la Fédération française de
golf (FFgolf) et les pouvoirs publics ont élaboré une
charte nationale sur l’eau garantissant la sauvegarde
des parcours de golf. Les greens sont concernés au
premier plan, car ils représentent 25 % du coût total
des investissements. La FFgolf s’est engagée à réaliser
une expertise concernant la gestion de l’eau des golfs
dans une région pilote : Poitou-Charentes. L’étude a été
confiée en 2007 au SAFEGE-Environnement et au Cemagref.
Leur mission respective concernait un état des lieux sur
la ressource en eau et un diagnostic technique des
installations et des pratiques d’arrosage.
De l’enquête réalisée dans les 21 golfs homologués de la
région, il ressort que des substitutions de ressources
(eaux usées traitées, eaux pluviales) auraient permis
une économie de 28 % de la consommation totale en 2006.
Des économies supplémentaires pourraient être réalisées
par une gestion plus fine de l’arrosage, sans
investissement important, mais seulement en améliorant
les pratiques d’irrigation et la conduite de l’arrosage.
Enfin, un meilleur dimensionnement du
réseau de distribution, puissance des stations de
pompage et diamètre des canalisations, permettrait de
réduire la consommation d’énergie électrique.
1 : Système
d’Information à Référence Spatiale
Les publications des chercheurs
:
Bruno
Molle
Jacques Granier
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Double
réussite pour l'esturgeon européen
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À Saint-Seurin sur l’Isle en Gironde,
les chercheurs du Cemagref viennent de réussir deux
reproductions artificielles d’esturgeon européen,
Acipenser sturio. Quelques 100 000 larves ont ainsi vu
le jour, soit un effectif près de 10 fois plus important
que celui obtenu en 2007. Dans le contexte actuel
d’effondrement des populations piscicoles, ce résultat
renforce les espoirs de repeuplement du bassin d’origine
de l’espèce, en Gironde...
Après la première reproduction artificielle réussie
en 2007, permettant un premier alevinage de 7000 larves
d’esturgeon européen en Garonne et Dordogne, les
chercheurs du Cemagref ont obtenu un second succès très
significatif, avec deux nouvelles reproductions
artificielles permettant de démultiplier l’effort de
restauration du plus grand poisson migrateur de l’ouest
européen.
Deux essais de reproduction ont eu lieu les 29 mai et 18
juin dernier et ont permis, respectivement, l’éclosion
de 13 000 et 80 000 larves. Au-delà du succès numérique,
ces naissances résultent d’avancées scientifiques
importantes. Alors que le taux de mortalité suite aux
reproductions artificielles est souvent élevé chez les
esturgeons, on observe une bonne résistance des
géniteurs à ces manipulations. Par ailleurs, les
techniques de cryoconservation s’avèrent efficaces et
prometteuses en vue des reproductions futures.
Aujourd’hui, les larves en élevage sont
aux petits soins des techniciens de la station, dans
l’espoir qu’un maximum d’entre elles puisse rejoindre le
milieu naturel à l’automne.
Pour le Cemagref, la prochaine étape du
programme de restauration de l’esturgeon consistera à
pister de jeunes poissons nés de la première
reproduction de 2007, dans le milieu naturel. Cinquante
de ces poissons, équipés d’émetteurs, seront relâchés en
Dordogne, puis suivis dans leurs déplacements, afin de
mieux cerner les habitats aquatiques qu’ils fréquentent,
en vue de faciliter leur protection. Cette opération se
déroulera de juillet 2008 à janvier 2009 : elle sera
accompagnée d’échantillonnages au filet en estuaire pour
estimer l’efficacité de l’alevinage.
Ces résultats, fruits de 25 années de
recherche sur l’espèce conduites par le Cemagref et ses
partenaires scientifiques1,
permettent de contribuer à une mise en oeuvre
opérationnelle du plan international et national de
restauration de l’esturgeon européen.
1
Le programme national de sauvegarde de l’esturgeon
européen, coordonné par la Direction régionale de
l’Environnement d’Aquitaine, associe le WWF France, les
établissements publics de bassins EPIDOR (bassin de la
Dordogne), SMEAG (bassin de la Garonne) et SMIDDEST
(estuaire de la Gironde), le CNPMEM (Comité national des
pêches maritimes et des élevages marins)
Les publications des chercheurs
:
Paul Gonthier
Eric Rochard
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