Chaque été, la forêt méditerranéenne française est
soumise à des incendies d’origine souvent mal identifiée1
. Parmi les causes connues de départ de
feu, les causes accidentelles et celles liées aux
travaux et loisirs, soit plus de 60 % des cas, peuvent
faire l’objet d’actions de prévention ciblées vis-à-vis
du risque incendie. D’où l’importance de mieux connaître
les causes pour diminuer le nombre de départs de feu.
Suite aux
incendies dévastateurs de 2003 dans le massif des Maures
notamment, l’action pour améliorer la connaissance des
causes de départ de feu est relancée. Dans le cadre du
règlement européen Forest Focus², l’Unité Ecosystèmes
Méditerranéens et Risques du Cemagref d’Aix-en-Provence
vient de réaliser un guide technique en collaboration
avec les partenaires français (forestiers, gendarmes,
pompiers) et les partenaires espagnols (Entrenamiento e
Información Forestal, EIMFOR) reconnus pour leur
compétence dans le domaine de la recherche des causes.
Ce guide a pour objectif de formaliser et d’adapter au
contexte méditerranéen français les méthodes
d’investigation - utilisées dans d’autres pays - de
manière à constituer une base de travail pour la
recherche des causes de départs de feu.
La
démarche à suivre est objective et structurée. Le
contexte général de l’incendie est d’abord étudié
(données historiques, conditions météorologiques et
topographiques, géométrie du feu, etc.). Les vestiges
laissés sur la végétation (troncs, branches, houppiers,
herbes, etc.) ou sur des éléments physiques (pierres,
poteaux, coquilles d’escargot, etc.) sont ensuite
analysés de façon à reconstruire l’évolution de
l’incendie pour en déterminer précisément le point de
départ. La localisation de ce dernier est alors
rapprochée d’un moyen d’ignition puis finalement de la
cause : cela, à partir de l’analyse du contexte et des
faits supposés à l’origine du départ de feu (orages,
conflits d’usagers, travaux professionnels, etc.) d’une
part, et des témoignages recueillis par les services
judiciaires d’autre part.