N°89- Décembre 2008
 

Sciences en brèves
 
 
  Le nuage de pesticides modélisés


La géomatique peut proposer des solutions techniques innovantes pour résoudre des problématiques environnementales aux différentes échelles d’action sur le territoire. C’est ce qu’a démontré Nicolas Bozon, géomaticien de formation, dont les travaux menés dans le cadre de sa thèse, ont reçu le premier prix du concours du Géo-Grenelle 2008. Ce concours, organisé par l'Institut Géographique National à l'occasion du salon professionnel « Géo-événement », récompense les systèmes d’information géographique les plus en phase avec les recommandations formulées lors du Grenelle de l’environnement.

 L’outil développé pour la vigne est capable de simuler la dispersion atmosphérique d’un nuage de pesticides dans son environnement géographique. En quelques secondes, le logiciel simule les nuages de dispersion sur des surfaces de 3 à 6 km², en fonction des conditions météorologiques et topographiques. Sont aussi prises en compte des données relatives à la parcelle et au véhicule : type de tracteur, vitesse, nombre de rangs traités etc. Enfin, le modèle peut résoudre un problème inverse, soit de déterminer l’origine d’un pic de pesticides détecté dans l’atmosphère sur un bassin versant viticole.

 Comme tout système d’information géographique, l’outil est gourmand en données. La prochaine étape consistera à le tester dans le bassin versant de Neffiès (34) où dans le cadre du projet Life AWARE[1], les chercheurs de l’équipe ont acquis de  nombreuses données.

 

[1]Le projet AWARE-Water Assessment to Respect the Environment, 2005-2009 - vise à montrer comment l’optimisation des techniques d’application des produits phytosanitaires en viticulture peut permettre de limiter la pollution des eaux de surfaces et souterraines.

 

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 Le débit des cours d'eau en question


La loi sur la pêche de 1984 garantit un débit minimal d’eau à l’aval des ouvrages hydroélectriques afin de préserver la vie aquatique. Comment fixer ces débits réservés ? Sur quel critère les définir ? Depuis 1985, l’équipe de Bernard Dumont basée à Aix en Provence contribue à répondre à ces questions en observant sur le terrain, les traits et les stratégies biologiques des macroinvertébrés d’eau douce.  

Ainsi, à la demande du ministère en charge de l’écologie, une étude expérimentale de grande envergure est conduite sur la moyenne Durance, dans le cadre du renouvellement de la concession de Sainte Tulle 1 gérée par EDF. L’objectif est de suivre les impacts d’une hausse du débit réservé sur un ensemble de paramètres liés à la morphologie, à l’hydrologie et à l’écologie du cours d’eau. En ce qui concerne les macroinvertébrés, six campagnes d’échantillonnage ont été  menées de 2005 à 2007 afin d’établir un état des lieux de la rivière soumise à un débit fixé au 1/40ème du module.  De 2008 à 2011, les prélèvements vont se poursuivre avec un débit rehaussé au 1/20ème du module. L’exercice est complexe car d’autres facteurs interfèrent sur la qualité des milieux aquatiques comme les rejets de polluants chimiques ou encore la survenue de crue exceptionnelle à l’instar de celle observée en mai 2008.

Les enjeux de ces travaux sont importants car il s’agit d’évaluer si ce premier renforcement du débit pourra satisfaire aux exigences de la Directive cadre européenne sur l’eau.

 

   

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C. Malon



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