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Pouvoir simuler le comportement hydrologique d'un bassin versant est un
enjeu majeur de l'hydrologie moderne, auquel tente de répondre la
modélisation pluie-débit. Il
s'agit, à partir de la connaissance de la pluie tombée sur le bassin, de
reproduire la réponse en débit du bassin, à l'aide d'un modèle.
Les premiers modèles de simulation pluie-débit ont été
proposés à la fin des années 50, et de nombreux modèles ont été
développés depuis, selon des approches très variées. Bien que la représentation du
comportement hydrologique d'un bassin soit apparemment un problème très ordinaire, aucune solution satisfaisante n’existe à
l’heure actuelle pour décrire le mécanisme de la transformation de la
pluie en débit. Une forte demande existe cependant, autant dans les domaines de recherche liés à l'étude des hydrosystèmes que de
la part des gestionnaires de la ressource en eau, pour une application
en conditions opérationnelles, par exemple
pour la prévision des
crues.
Ce site présente les travaux de recherche réalisés au
Cemagref pour le
développement de modèles pluie-débit.
Modélisation
justifiée, paramétrisation raisonnable
Une description
précise de l’ensemble, extrêmement complexe, des mécanismes
élémentaires intervenant dans tout l’espace tridimensionnel que
constitue un bassin versant est actuellement impossible. Seules des solutions simplifiées semblent aujourd'hui
envisageables.
L’équipe Hydrologie du Cemagref
d'Antony a adopté une approche originale et pragmatique, renonçant
à une connaissance minutieuse des divers phénomènes. Un mécanisme
rationnel reproduisant au mieux le comportement global d’un bassin
versant sous l’action combinée de deux variables de forçage essentielles
(précipitations et demande évaporatoire de l'air) a été
construit progressivement, en testant l’efficacité de chaque nouvelle
modification.
L'approche adoptée s'appuie sur les éléments suivants :
1. Le bassin
versant est vu comme une entité globale ;
2.
L'approche adoptée est empirique (pas d'usage a priori
d'équations
physiques) ;
3. Les
structures de modèles sont développées à partir de structures les
plus simples, progressivement complexifiées ;
4. La
complexité du modèle est conditionnée par la capacité du modèle à
reproduire la transformation pluie-débit ;
5.
On recherche les structures les plus générales possible ;
6.
Le test en calage-contrôle, sur de grands échantillons de bassins,
est le mode d'évaluation standard des modèles ;
7.
Les modèles sont évalués de manière
relative (pas de "bons" modèles, seulement des modèles
meilleurs que d'autres).
Entreprises au début des années 80 par
Claude Michel (équipe Hydrologie du Cemagref), les recherches ont conduit à la mise au point progressive
de structures couvrant les pas de temps journalier, mensuel
et annuel. Des travaux ont également été conduits pour adapter ces
modèles et permettre l'exploitation de données d'humidité des sols ou
les utiliser pour la modélisation de la qualité des eaux à l'échelle du
bassin versant (voir Historique de ces
développements).
Applications
Parallèlement aux développements des
structures des modèles, des méthodologies d'application ont été
développées pour répondre à de nombreux problèmes concrets d'hydrologie
opérationnelle, comme par exemple :
•
la
prédétermination des crues,
•
le
dimensionnement d’ouvrages,
•
le
dimensionnement et la gestion de réservoirs, à objectif simple ou
multiple (écrêtement de crue, soutien d'étiage, etc.),
•
la
prévision des étiages,
•
la
prévision des crues,
•
la
détection de tendances dans les séries hydrologiques (évolution
du comportement hydrologique des bassins versants).
Des travaux ont également été menés pour essayer d'appliquer ces modèles sur
des bassins versants non jaugés, travaux toujours d'actualité notamment
dans le cadre des activités du réseau
MOPEX et de la décennie PUB lancée
par l'AISH.
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